
Payer avec de la cryptomonnaie, le début d’une nouvelle mode?
La cryptomonnaie défraie les manchettes ces temps-ci, surtout depuis que le constructeur automobile Tesla a investi 1,5 milliard $ américains dans le Bitcoin et annoncé son intention d’accepter la devise virtuelle comme moyen de paiement pour ses voitures.
Un seul Bitcoin vaut, au moment d’écrire ces lignes, pas moins de 67 600 $ canadiens – en hausse vertigineuse par rapport à sa valeur d’il y a 5 à 10 ans.
Quelques concessionnaires automobiles aux États-Unis ont emboîté le pas, mais il est aussi possible d’acheter une voiture ou de payer son changement d’huile avec des Bitcoins ici-même au Québec.
En effet, le 11 février, BMW Laval est devenu le premier concessionnaire au Canada à accepter le paiement par cryptomonnaie, que ce soit Bitcoin, Bitcoin Cash, Ethereum ou Litecoin. Son partenaire ALT 5 Sigma Inc. aura le mandat de surveiller les fluctuations de ces devises et d'effectuer les conversions en dollars canadiens.
«[Avec la pandémie], on a vraiment vécu un gros reset. Tout va vers le digital et ce n’est pas un secret pour personne. On voulait aller s’adapter aux nouvelles tendances », a déclaré le directeur général de BMW Laval, Massimo D’Argenio.
Celui-ci constate déjà de l’intérêt de la part de plusieurs clients et est optimiste quant à la signature d’une première transaction sous peu.
Bien sûr, il s’agit d’un cas exceptionnel pour l’instant. Selon la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec (CCAQ), la décision très récente de BMW Laval ne permet pas d’établir une tendance dans l’industrie.
« C’est une décision d’affaires individuelle et personnelle. Ce n’est pas une orientation ou une directive quelconque », résume le président et directeur général de la CCAQ, Robert Poëti.
Pour Simon Dermakar, professeur adjoint à HEC Montréal, payer avec de la cryptomonnaie « permettra d’attirer un nouveau marché et de diversifier le portefeuille des actifs détenus par ces marchands », mais compte tenu des nombreux vols dans le passé, « il faut les sécuriser adéquatement ».
L'avenir nous dira si d’autres concessionnaires automobiles suivront l’exemple, mais une chose est certaine : l’engouement est là.