
Intervalles d’entretien : ne vous fiez pas toujours au manuel du propriétaire
Le Québec, société distincte? Ce n’est pas juste une affaire de langue et de culture. Apparemment, notre météo et nos conditions routières ont aussi des particularités qui imposent des règles différentes.
Parlez-en à Thérèse Martel, une résidente de Sherbrooke à l’origine d’un recours collectif contre Kia Canada qui allègue que les automobilistes se font induire en erreur quant aux intervalles d’entretien de leurs véhicules.
Mme Martel a acheté avec son conjoint une Kia Rio en 2012. En consultant le manuel du propriétaire, le couple pensait devoir faire les entretiens aux 12 000 kilomètres seulement.
Toutefois, lors du premier rendez-vous, on leur a dit que cet intervalle ne s’applique pas aux véhicules vendus au Québec en raison du climat plus rigoureux et que l’huile à moteur doit être remplacée plus souvent.
En fait, selon le concessionnaire qui leur a vendu la voiture, il faut plutôt respecter les intervalles d’entretien pour des conditions de conduite sévères, soit aux six mois ou 6 000 kilomètres.
Il y a bien sûr d’autres facteurs que la météo qui entrent en ligne de compte, comme le fait de conduire régulièrement dans le trafic congestionné, en montagne ou sur des routes de terre.
George Iny, directeur de l’Association pour la protection des automobilistes (APA), fait remarquer que certains constructeurs sont en train soit de revoir leurs programmes d’entretien pour des conditions de conduite sévères, soit de les abandonner complètement.
« Pour plusieurs d’entre nous au Canada, l’été n’est pas si chaud et un entretien normal suffit, a-t-il expliqué à CBC. Mais en hiver, sauf sur l’Île de Vancouver et dans le sud de l’Ontario, il est sage en effet de faire entretenir son véhicule plus fréquemment, car la majorité des gens habitent dans les grands centres et font beaucoup de courts déplacements. »
Mme Martel et son conjoint ont déboursé 985 $ en frais d’entretien supplémentaires pendant les deux années où ils ont eu leur Rio et ils cherchent à obtenir un dédommagement équivalent. Le recours collectif a été débattu en cour à Montréal plus tôt cet automne et, au moment d’écrire ces lignes, son sort est toujours entre les mains d’un juge.