
Je me souviens : la Manic GT
Quand on parle de Manic, on pense immédiatement aux barrages hydroélectriques ou à la célèbre chanson de Georges Dor. Pourtant, la Manic, c’est aussi une voiture québécoise dessinée à la fin des années 1960 – la seule produite en série dans la belle province, en fait.
Un documentaire du Guide de l’auto intitulé La Manic et diffusé sur Club illico revient sur l’histoire de ce coupé sport. Si vous ne l’avez pas encore visionné, on vous recommande fortement de le faire.
La Manic GT est l’œuvre de Jacques About, un jeune Franco-Montréalais qui souhaitait doter le Québec de sa propre automobile. Partie de rien au fond du garage de sa maison de Longueuil, une petite équipe réunie autour de M. About a réussi à concevoir et à fabriquer la voiture dans un temps record.
C’était l’époque où le Québec se trouvait en pleine ébullition et où tout semblait possible. La Manic GT a été présentée pour la première fois au Salon de l’auto sport de Montréal en 1969, où elle a connu un grand succès.
Bien sûr, c’était un bolide très différent des véhicules américains que l’on croisait dans ces années, se démarquant par ses solutions techniques avant-gardistes et sa grande légèreté (1450 livres) grâce à sa carrosserie en fibre de verre. Ses éléments techniques et mécaniques étaient très majoritairement empruntés à la Renault 8, dont le moteur à quatre cylindres de 1,3 litre qui pouvait générer 65, 80 ou 105 chevaux dépendamment des réglages. La Manic GT était aussi équipée de quatre freins à disque et de suspensions indépendantes, des caractéristiques alors très innovatrices.
À l’époque de sa mise en marché, le prix variait entre 2200 $ et 3400 $, soit une facture plutôt salée. Pour vous donner une idée, le salaire annuel moyen d’une famille canadienne était alors de 6695 $.
Malheureusement, la carrière de la Manic GT a été de courte durée. Produite de 1969 à 1971, d’abord à Terrebonne et finalement à Granby, elle nous a donné un peu plus de 150 exemplaires avant de tomber dans l’oubli. La devise du Québec est « Je me souviens »; eh bien, tâchons que le souvenir de la seule voiture québécoise produite en série reste bien gravé.