
Droits d’immatriculation de véhicule de luxe : Québec a encaissé 81,5 M$ en 2025
Québec a récolté 81,5 M$ l’an passé avec ses droits d’immatriculation pour véhicules de luxe dépassant les 40 000 $, un bond de 17 % par rapport aux 69,7 M$ de 2024.
« C’est louable de trouver des endroits où l’on peut taxer, mais en ce moment, c’est le consommateur moyen qui paye pour », estime Denis Leclerc, président et fondateur du Groupe ALBI le Géant, à Mascouche.
« Si ça part à 75 000 $, on commence à avoir une électrique de luxe, une Volvo, on s’approche de Genesis. On a quelque chose dans le Mercedes, dans le BMW », analyse-t-il.
Au Québec, les propriétaires de véhicules de plus de 40 000 $ doivent payer un droit additionnel de 1 % sur la portion excédentaire parce qu’on les considère comme étant « de luxe ».
Cela a rapporté 436 M$ au trésor public en 10 ans, selon des données obtenues par Le Journal (voir tableau plus bas).
Plusieurs estiment cependant que Québec a le luxe facile en mettant dans cette catégorie les voitures de 40 000 $ et plus.
C’est le cas d’Anne-Véronique Plante, croisée jeudi avec sa fille à un centre de service de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), à Longueuil.
« Lamborghini, Ferrari, c’est normal. Ce sont des voitures de luxe, mais le moindrement que l’on veut une voiture familiale, ça va dépasser largement le 40 000 $ », pense-t-elle.
Viser à la mauvaise place
Celle qui a longtemps conduit une Honda Odyssey trouve que le gouvernement ne vise pas les bonnes personnes avec sa mesure.
De son côté, Ian P. Sam Yue Chi, PDG de la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec (CCAQ), rappelle qu’au fédéral la taxe de luxe vise les autos… de plus de 100 000 $.
« Ce 40 000 $ est un peu étrange dans la réalité d’aujourd’hui, sachant que le prix moyen d’un véhicule neuf excède 60 000 $ au Québec », déplore-t-il.
Québec se défend
Au cabinet du ministre des Finances, Eric Girard, on indique que ce seuil de 40 000 $ sera augmenté à 62 500 $ dès l’an prochain.
« Nous sommes conscients qu’entre l’inflation, la pression sur nos chaînes d’approvisionnement et le contexte international actuel, le prix des véhicules a augmenté », assure sa directrice des communications, Amelia Benattia.
« Le nouveau seuil a été établi de manière à ce que la majorité des véhicules neufs ne soit pas assujettie au droit de luxe et que plus de 90 % des véhicules de sept ans ou moins ne le soient pas », conclut-elle.
Les droits d’immatriculation véhicules de luxe depuis 10 ans
- 2025: 81,5 M$
- 2024: 69,7 M$
- 2023: 62,9 M$
- 2022: 55,4 M$
- 2021: 41,6 M$
- 2020: 28,5 M$
- 2019: 27,2 M$
- 2018: 24,9 M$
- 2017: 24 M$
- 2016: 20,4 M$
TOTAL: 436 M$
(Source: la Société de l’assurance automobile du Québec)
Exemples de véhicules exemptés
- motocyclette
- scooter
- motoneige
- ambulance
- autobus scolaire
- dépanneuse
- minibus
- véhicule électrique, hybride rechargeable ou à pile à hydrogène (partie de sa valeur entre 40 000 $ et 75 000 $)
(Source: la Société de l’assurance automobile du Québec)