
Volvo EX60 2027 : un vrai bond vers l'avant
La route vers l’électrification a été jonchée d’obstacles au Canada pour Volvo. Le récent lancement du EX90 assemblé aux États-Unis n’a pas été couronné de succès, d’une part parce qu’il s’est fait à la hâte avec les bogues qui sont venus avec, et de l’autre parce qu’il a été ensuite assujetti à des contre-tarifs.
L’EX60 entre maintenant en scène. Assemblé à Torslanda, en Suède, il se lance dans une arène assez hostile peuplée de nouveautés importantes comme le BMW iX3 (élu Voiture mondiale de l’année 2026 par la presse automobile) et le Mercedes-Benz GLC électrique, mais également des utilitaires connus tels que le Tesla Model Y et le Cadillac Lyriq.
Le Guide de l’auto a mis à l’essai l’EX60 la semaine dernière en Espagne. C'est un véhicule qui porte de nombreux chapeaux, dont celui de tailler une place digne de ce nom à Volvo dans la sphère électrique nord-américaine.
Des performances à la hauteur, un accent sur le confort
À l'échelle mondiale, le Volvo EX60 est offert en trois variantes, soit P6, P10 et P12. La première est armée d’un seul moteur électrique sur l’essieu arrière et ne sera pas commercialisée chez nous. La P10, elle, est équipée de deux moteurs et sera la première à toucher terre en sol canadien. La dernière, plus performante, devrait suivre pour l’année modèle 2028.
Comme tous les véhicules électriques du segment, les performances en ligne droite fournies par notre modèle P10 d’essai étaient enlevantes, avec pas moins de 503 chevaux et 524 lb-pi de couple sous la pédale de droite. Les moteurs sont alimentés par une batterie NMC (nickel manganèse cobalt) de 95 kWh, dont 93 kWh sont utilisables.
Utilisant la technologie « cell to body », la batterie est entièrement intégrée au véhicule pour en améliorer la rigidité torsionnelle, mais également pour faciliter l’assemblage. Selon Volvo, il est toujours possible de changer les modules de la batterie. Pour un remplacement complet, cela reste à voir.
Sur papier, cette batterie permet notamment de parcourir 514 km avec une recharge complète selon le cycle nord-américain de l’EPA. Or, lors de notre essai en conduite mixte (et quelque peu animée), notre relevé de consommation indiquait une moyenne de 16 kWh/100 km, ce qui signifie que nous aurions pu parcourir environ 581 km.
Une autre caractéristique qui joue en faveur de l’EX60, c’est qu’il peut atteindre 370 kW de puissance de recharge sur une borne de niveau 3, pour l’obtention de 270 km d’autonomie en seulement 10 minutes. À ce chapitre, le nouvel utilitaire de Volvo se situe parmi les meilleurs de son segment, devant le Tesla Model Y, le Cadillac Lyriq et même le Mercedes-Benz GLC électrique, pour ne nommer que ceux-ci. Évidemment, cette puissance de recharge est atteignable uniquement lorsque toutes les bonnes conditions sont réunies à l’intérieur et à l’extérieur de la batterie.
En ce qui concerne la conduite, celle-ci peut être décrite en deux mots : confortable et silencieuse. Au-delà des performances en ligne droite électrisantes, le comportement de l'EX60 ne déroge pas de la philosophie de Volvo qui cherche à plaire au conducteur et à ses passagers sur routes sinueuses comme accidentées avec un roulement doux et souple. L’EX60 P10 est livré avec une suspension semi-adaptative de série qui contribue à fournir une conduite légère et sans effort. Cette légèreté se transpose également dans la direction. De fait, ceux qui recherchent un caractère plus athlétique et communicatif resteront peut-être sur leur appétit, le calibrage des composantes de châssis étant davantage axé sur le confort.
Un nouvel écran et l’intelligence artificielle à l’honneur
L’habitacle de l’EX60 respecte en tous points les règles de design du constructeur scandinave. Matériaux sobres, teintes épurées et caractère minimaliste, tout y est pour créer un environnement apaisant confortable. Le nouvel écran de 15 pouces à technologie OLED dans le milieu de la planche de bord propose une interface Android et est orienté de manière horizontale légèrement incurvée vers l’extérieur.
Si nous déplorons une fois de plus l’absence de commandes physiques pour la ventilation, la nouvelle configuration semble faciliter l’accès à ces fonctions spécifiques comparativement à l’écran vertical traditionnel auquel nous sommes habitués chez Volvo, car elles sont proposées de manière plus prédominante. Les autres fonctionnalités au menu sont généralement intuitives et faciles d’utilisation.
Les assises confortables fournissent amplement de soutien pour un véhicule familial, que l’on choisisse la sellerie en tissu ou celle en cuir perforé. Ce confort va de pair avec l’espace ample dans l’habitacle pour les passagers comme pour le chargement. À cet effet, l’EX60 dispose de 634 litres de chargement derrière la deuxième rangée, ce qui est supérieur au BMW iX3 qui n'en offre que 520 litres, mais inférieur à d’autres rivaux comme le Cadillac Lyriq, le Model Y de Tesla et le Q6 e-tron d’Audi. Comme c’est le cas pour l’iX3, nous déplorons la largeur des piliers A à l’avant du véhicule, qui peuvent entraver la visibilité à cet endroit.
La vague d’intelligence artificielle qui déferle sur le monde entier n’épargne évidemment pas l’industrie de l’automobile. Cette composante prendra une place grandissante dans l'expérience de conduite, pour le meilleur et pour le pire. Volvo a choisi Google Gemini comme agent pour assister les occupants de l’EX60 dans des tâches comme changer la température de l’habitacle, des sièges et des fonctionnalités reliés au média et à la navigation. Mais quelle est la différence entre un assistant vocal qu’on connait déjà depuis plusieurs années et l’IA? La conversation, rendue possible par un microprocesseur ultra performant. À la place de devoir fournir des commandes précises, on peut avoir une conversation en partageant un problème, auquel il trouvera (et apportera) des solutions. Évidemment, la combinaison des mises à jour en direct de Volvo et de l’apprentissage constant de l’agent sur les occupants du véhicule le rendra de plus en plus compétent au fil du temps.
Un modèle P12 et une déclinaison Cross Country en approche
Moins sportif que l’iX3 de BMW, plus silencieux qu’un Cadillac Lyriq et plus performant qu’un Genesis GV70 électrifié, l’EX60 se positionne comme un bon compromis confortable, technologique et à grande autonomie dans le segment grandissant des utilitaires électriques de taille moyenne. Il est actuellement en vente au Canada et les livraisons débuteront vers la fin de l’été.
Le modèle P10 débute à 77 500 $ en excluant les frais et il offre une liste d’équipements de série bien étoffée incluant notamment la suspension semi-adaptative, le toit panoramique, la climatisation à trois zones et un système Bose à 21 haut-parleurs. Une chaîne Bowers and Wilkins offrant la technologie Dolby Atmos est livrable pour les audiophiles.
Outre la variante P12 qui suivra en 2028, Volvo greffera un modèle Cross Country au catalogue. Celui-ci inclura les équipements habituels qui viennent avec cet emblème, dont des plaques de protection en acier inoxydable, une suspension pneumatique qui rehausse la garde au sol de 20 mm, sans oublier les garnitures de plastique dans les bas de caisse et sur les passages de roues.