
L’abrogation des cibles de véhicules électriques coûtera 54 G$ en essence aux Canadiens
Le gouvernement canadien va de l’avant avec l’abrogation de la « norme sur la disponibilité des véhicules électriques » instaurée par l’administration précédente de Justin Trudeau, qui exigeait que les véhicules zéro émission (VZE) représentent au moins 20 % des ventes en 2026, 60 % en 2030 et 100 % à partir de 2035.
La proposition a été publiée dans la Gazette du Canada en date du 15 août.
« Ces exigences exerceraient une pression financière sur les fabricants automobiles alors qu’ils doivent composer avec l’évolution des conditions du marché et du commerce en Amérique du Nord, ce qui pourrait rendre difficile le respect de la conformité et, par conséquent, mettre en péril le secteur national de la fabrication automobile et l’offre de véhicules au Canada », peut-on lire.
En clair, Ottawa se range du côté de l’industrie automobile canadienne, lui offrant « une certaine souplesse en cette période d’incertitude économique importante », et se positionne en phase avec les États-Unis qui, sous Donald Trump, ont aboli les normes d’émissions polluantes pour les automobiles.
Le lourd impact environnemental
Il est écrit dans la Gazette du Canada que le secteur canadien de l’automobile a contribué au produit intérieur brut à hauteur d’environ 16,8 milliards $ en 2024 et qu’il soutient environ 500 000 emplois au total (y compris les fournisseurs de pièces et les réseaux de concessionnaires). En éliminant ses cibles de VZE, le gouvernement reconnaît que le nombre de modèles disponibles sur le marché diminuera et que les consommateurs en achèteront moins par rapport à ce qui était prévu.
D’un côté, ceux-ci économiseront collectivement 57,6 milliards $ entre 2026 et 2050, n’ayant plus à assumer le coût initial supérieur d’un VZE ni le coût associé à l’installation d’une borne de recharge à domicile. Ce montant est bien sûr contesté par des groupes environnementaux, dont Mobilité Électrique Canada, qui font valoir une parité grandissante des prix entre véhicules à essence et électriques.
D’un autre côté, ces mêmes consommateurs renonceront aux économies de carburant qui en découlent, estimées à 53,8 milliards $ au cours de la même période, sans parler de l’entretien. Toujours selon les calculs fédéraux, le changement de cap privera le Canada de réductions d’émissions de gaz à effet de serre (GES) de 326 mégatonnes, entraînant 94,2 milliards $ en « dommages mondiaux potentiels attribuables aux changements climatiques. »
Tel qu’annoncé en février dans sa nouvelle stratégie automobile, le gouvernement travaille présentement à l’élaboration d’une réglementation plutôt basée sur la réduction des émissions de GES, mais de nouvelles consultations publiques auront lieu cet automne et l’ébauche desdites normes ne devrait être prête qu’en juin 2027, selon ce que rapporte La Presse canadienne.
Le nouvel objectif d’Ottawa serait 75% de VZE dans les ventes de véhicules d’ici 2035 et 90% d’ici 2040, allant vers une réduction des émissions de GES d’environ 145 mégatonnes d’ici 2050 selon les projections actuelles.