
L'administration Trump allège les contraintes sur la consommation des véhicules
Le gouvernement américain a entériné lundi un allègement des contraintes en matière de consommation de carburant des véhicules neufs vendus aux États-Unis, plombant davantage la transition électrique lancée par l’administration précédente pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
La nouvelle réglementation prévoit une moyenne de 34,9 miles par gallon (6,74 litres aux 100 km) d’ici 2031, un niveau en réalité déjà atteint en 2024.
L’administration démocrate de Joe Biden voulait aller encore plus loin et visait 50,4 mpg (4,7 L/100km). Cela devait permettre d’économiser 64 milliards de gallons d’essence (242 milliards de litres) d’ici 2050, pour des bénéfices nets estimés à 35 milliards de dollars US, avant la flambée due à la guerre au Moyen-Orient.
« Nous avons enfin mis un terme au standard illégal qui forçait les constructeurs automobiles à produire des véhicules électriques plus chers dont les familles américaines ne voulaient pas », a commenté Sean Duffy, ministre des Transports, cité lundi dans un communiqué.
Selon ce communiqué, cette mesure devrait réduire le prix des véhicules neufs de 1 300 dollars en moyenne et « prévenir plus de 300 000 blessures graves et 1 900 décès » en incitant les Américains à changer de véhicule.
Cet allègement a immédiatement été salué dans un communiqué distinct par l’Alliance pour l’innovation automobile, qui regroupe l’ensemble des constructeurs automobiles présents aux États-Unis.
« Les standards instaurés par la précédente administration entraînaient de fait une transition vers les véhicules électriques qui ne correspondait pas aux réalités du marché ni à la demande des clients », a estimé John Bozzella, président de l’Alliance.
« La mesure finalisée aujourd’hui est une correction appropriée de la trajectoire » pour les modèles des années 2022 à 2031, a-t-il affirmé, considérant qu’elle « allait mieux aligner les standards d’économie de carburant sur la législation et les conditions actuelles du marché ».
Depuis son retour à la Maison-Blanche début 2025, le président Donald Trump a supprimé de nombreuses mesures, subventions et aides destinées à favoriser la transition électrique.
Mais les constructeurs avaient constaté, avant même sa réélection, que les ventes de véhicules électriques ne répondaient pas aux prévisions.
Ils avaient dès lors revu à la baisse certaines ambitions et renoncé à des projets (constructions et/ou expansions d’usines) qui ont généré de lourdes provisions.
Ford a annoncé en décembre des provisions et coûts supplémentaires de 19,5 milliards de dollars US. Stellantis — Alfa Romeo, Chrysler, Citroën, Dodge, DS, Fiat, Jeep, Lancia, Maserati, Opel, Peugeot, Ram, Vauxhall, etc. — a dévoilé en février des charges de 25,4 milliards d’euros.